UNE JOURNÉE À TCHERNOBYL

Réserver sa visite à Tchernobyl

 

Je vous recommande de réserver votre tour à Tchernobyl un mois avant en basse saison ou deux mois avant en haute saison, car Tchernobyl attire depuis quelques années de nombreux touristes. Il est également nécessaire que les tour-opérateurs vous obtiennent un laisser passer dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, ce qui prend une semaine.

Il y a environ trois ou quatre tour-opérateurs que se partagent les visites à Tchernobyl. Les tarifs ne sont pas si différents, environ une quinzaine d’euros, mais faite attention au tarif le moins cher pour lequel il vous faudra payer votre déjeuner, votre dosimètre et autres suppléments.

Après m’être renseignée sur les différentes agences et les retours que j’ai pu lire sur internet, j’ai choisi d’organiser mon tour avec l’agence ChernobylWel qui propose des tarifs élevés mais qui a de très bons avis et a un site internet très bien fait avec toutes les informations nécessaires. Nous avons payé 119euros par personne tout compris, le tarif le plus bas que vous pourrez trouver est environ à 90euros mais il y a des frais supplémentaires.

Plus de 100euros pour une visite d’une journée à Tchernobyl ça paraît hors de prix mais au final vous avez le transport A/R de 2-3h en minibus, le déjeuner et la visite avec un guide de qualité (normalement), en tout cas nous ne regrettons pas du tout d’y être allé.

Je vous recommande à 100% l’agence ChernobylWel, même si quand on arrive sur le site on a un peu l’impression de réserver des billets pour un parc d’attraction, l’agence est extrêmement professionnelle depuis l’achat des billets jusqu’à la fin de la visite. Vous recevrez plusieurs mails d’informations avant votre visite et si vous avez la moindre question on vous répondra très rapidement et efficacement, vous recevrez même un mini guide sur Kiev.

Se rendre à tchernobyl

Le départ de Kiev

 

Le tour-opérateur ChernobylWel, et la plupart des agences, vous donnera rendez-vous à la grande gare de Kiev en face de la chaîne fastfood Puzata Hata à 7h30, je vous conseille de réserver un Uber ou Bolt la veille pour vous y rendre ce sera plus simple. Le mini bus vous y attendra ainsi que votre guide pour nous accueillir, nous étions 12 personnes tout de même. C’est partie pour deux heures de trajet initialement prévue mais ça a été bien plus, avec une petite pause à une station essence. Durant le trajet l’agence a diffusé sur une télé un reportage très intéressant sur la catastrophe de Tchernobyl, même en ayant vu la super série de HBO vous y apprendrez plein de nouvelles choses. En arrivant à l’entrée de la zone d’exclusion nous nous retrouvons avec plusieurs autres mini bus d’autres tour-opérateurs, ce qui peut faire un peu peur, mais au final pas d’inquiétude car le site de Tchernobyl est très vaste. A cette première entrée vous devrez sortir du mini bus pour permettre à la police de contrôler votre passeport, votre guide vous remettra un permis d’entrée dans la zone d’exclusion ainsi qu’un dosimètre. Cet arrêt a duré une quinzaine de minutes, puis nous avons repris la route pour arriver au deuxième poste de contrôle à l’entrée de la deuxième zone d’exclusion de Tchernobyl.

Se rendre à tchernobyl

La Visite du site de Tchernobyl

 

1er arrêt - Nous arrivons au premier arrêt vers 11h, près de 3h30 après notre départ de Kiev. Nous nous arrêtons au bord de la route afin d’avoir une vue d’ensemble des différentes unités de Tchernobyl le long d’une rivière asséchée qui servait autrefois à refroidir la centrale.

2ème arrêt - Le mini bus nous arrête au pied de l’unité de Tchernobyl qui a explosé, maintenant recouverte d’un sarcophage qui devra être changé dans 100 ans. Une sculpture se dresse devant le bâtiment en hommage aux morts sur le site de la centrale nucléaire. Comme dans toute visite touristique, aussi triste soit-elle, il y a toujours des personnes pour se faire prendre en photo un grand sourire collé au visage, c'est désolant …

3ème arrêt - C’est partie pour la visite de la ville de Pripyat, un circuit d’une heure et demie environ. Au fur et à mesure de la visite notre guide nous explique en quoi Pripyat était une des villes soviétiques les plus modernes, où il faisait bon vivre et nous donne quelques anecdotes sur les différents bâtiments et lieux par lesquels nous passons. La taille de cette ville déserte est impressionnante, on aperçoit des dizaines et des dizaines d’immeubles éparpillés, des bâtiments soviétiques impressionnants, un hôtel, un restaurant, une salle de spectacle et un centre commercial, l’ambiance y est si étrange, on a réellement du mal à croire que tout ceci est vrai. Il n’est plus possible de rentrer dans les bâtiments pour des questions de sécurité, mais on imagine facilement que derrière chaque fenêtre se cache les souvenirs de personnes qui ont dû fuir leur ville du jour au lendemain. A la fin de l'excursion, nous arrivons ensuite au petit parc d’attraction qui avait été inauguré la veille de la catastrophe et qui nous donne l'impression que la vie devait y être plutôt agréable, bien qu'aujourd'hui les manèges soient délabrés.

La visite était vraiment très intéressante et notre guide, Julia, était passionnée et ça se sentait. Malgré le 0°C et la neige nous avons pu faire la visite de Pripyat dans sa totalité, et je dois dire que ces conditions météorologiques rendaient la visite encore plus intense et intéressante.

J’ai tout de même un petit bémol sur la taille du groupe, 12 personnes c’est un petit trop et ça casse un peu l’immersion surtout quand on se retrouve avec des gens que ne sont là que pour montrer sur les réseaux qu’ils y étaient. Autre chose, notre guide était parfois un peu pressante ce qui nous empêchait de s’imprégner de l’atmosphère des lieux et d’observer, dans les moindres recoins, cet endroit si incroyable.

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4ème arrêt - Nous reprenons le bus pour nous rendre à la cantine de Pripyat dans un bâtiment assez récent. Avant d’entrer dans la cantine nous devons passer chacun notre tour par un détecteur de radioactivité qui paraît aussi vieux que la centrale, je me demande encore si ce n’était pas fait pour les touristes. Pour le déjeuner nous avons droit à un self-service avec entrée plat dessert, le repas est OK c’est loin d’être de la grande cuisine mais le bortsch bien chaud est tout même très appréciable en hiver.

5ème arrêt - Nous reprenons le mini bus pour une vingtaine de minutes pour rejoindre le clou du spectacle, le radar Duga, rien que ce lieu vaut à lui seul la visite de Tchernobyl. Ces radars, car il y en avait trois en Union Soviétique, étaient gardés secrets et servaient à détecter des missiles et sous-marins durant la guerre froide. Construit en 1976, le radar Duga a couté 7 milliards de roubles soviétique (près de 100 millions d’euros), deux fois plus que la centrale Tchernobyl. Cependant, ce radar n’a jamais réellement fonctionné et provoquait des interférences sur les ondes radios jusqu’aux pays voisins. En approchant à pied de ce radar il n’y aucuns mots pour décrire l’immensité de cette construction en plein milieu de la forêt, je n’ai jamais rien vu de tel. Avec une longueur de 750m et une hauteur de 150m, ce radar nécessitait une énergie folle pour fonctionner, c’est pour cela qu’il a été construit à côté de Tchernobyl. C’est après l’explosion de la centrale nucléaire que le radar Duga a cessé de fonctionner, les deux autres radars ont été démantelés mais celui-ci n’a pas pu l’être à cause de la radioactivité.

6ème arrêt - Nous arrivons au dernier stop de la visite vers 16h30, dans la ville Chernobyl, et la nuit commence déjà à tomber, il ne fallait donc pas tarder car nous ne sommes pas autorisés à rester dans la zone d’exclusion une fois la nuit tombée. Cependant, notre guide a pris le temps pour nous expliquer l’histoire ce cette ville où vivait l'une des plus grandes communautés juives hassidique qui a été en partie tuée et expulsée par des nationalistes russes. Aujourd’hui Chernobyl est habitée par les personnes travaillant sur le site de la centrale, car bien que la centrale ne soit plus en activité il reste encore beaucoup à faire pour entretenir le bâtiment et contenir la radioactivité.

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Le retour à Kiev

 

Nous reprenons donc le mini bus à 17h environ, nous repassons les deux mêmes barrages qu'à l'aller, mais cette fois on nous fait descendre et passer dans ces fameuses machines supposées détecter la radioactivité et nous rendons nos dosimètres, rien n'a été détecté, aucune radioactivité n'est détectée apparemment. Nous sommes arrivés en gare routière de Kiev vers 18h30, deux fois plus rapide qu'à l’allé.

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Mon avis sur la visite de Tchernobyl

 

Nous avons beaucoup hésité à nous y rendre, non pas à cause de la radioactivité puisque à ce niveau il n’y a pas de danger à condition de suivre les règles, mais plutôt de peur que ce soit un attrape touriste vu le prix élevé, environ cent euros. Mais finalement c’était vraiment dommage d’être à Kiev et de ne pas aller voir de nos propres yeux ce que représente le site de Tchernobyl. Au final, c’est un site historique comme tous les autres, derrière lequel se cache une tragédie qu’il ne faut pas oublier, se rendre sur des sites historiques permet justement de conserver la mémoire de ce qui s’est passé tout en étant évidemment respectueux du lieu car il ne s’agit pas d’une attraction…

Nous ne regrettons absolument pas d’y être allé, car cela nous a permis de mieux nous rendre compte de l’ampleur de cette catastrophe et même si nous avions vu plusieurs documentaires et films à ce sujet, se trouver sur les lieux n’a rien de comparable. Alors certes, c’est devenu un endroit assez touristique avec une dizaine de mini bus à la journée qui amènent des touristes, mais cela ne doit pas vous freiner, en tout cas pas pour l’instant car ça reste raisonnable. Il est tout à fait normal d’hésiter à y aller pour une question de sécurité, mais je peux vous garantir qu’il n’y a aucun danger à condition de respecter les règles de sécurité qui vous seront expliquées par votre guide.

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Photographie:

Julie et Vicente Granger