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  • Julie Voyage

Comment et pourquoi louer une voiture au Mexique ? Ce qu’il faut savoir

Vous envisagez de louer une voiture pour votre road trip au Mexique, mais souhaitez avoir plus d’informations sur les pratiques, la sécurité et les choses à savoir avant de vous lancer ? Je vous partage ici ce que vous devez savoir pour louer une voiture au Mexique, de la recherche de location (prix, assurance, loueur, etc.) au retour de la voiture en passant par la conduite (état des routes, vitesse, stationnement, contrôles, etc.).


Pourquoi louer une voiture au Mexique ?

Nous avons loué notre voiture pour un road trip de deux semaines dans le Yucatan et le Quintana Roo. Nous n’avons pas hésité à louer une voiture car des amies l’avaient fait l’année précédente et tout s’était très bien passé pour elle. Nous voulions également optimiser nos deux semaines et sortir des sentiers battus, surtout dans des régions aussi touristiques que le Yucatan et le Quintana Roo.

Même si ces deux régions sont extrêmement bien desservies par un réseau de bus efficace, il y a quand même des petits villages, des plages, des cénotes ou de petits sites historiquesque nous n’aurions pas pu faire sans voiture. Et c’est dans ces endroits que vous pourrez vous retrouver quasiment seul !

C’est donc pour ces raisons que je vous recommande de louer une voiture. Mais si vous hésitez toujours à cause de la pratique de la conduite au Mexique, les points suivants vous aideront à faire votre choix.


Trouver un loueur et choisir sa voiture, pour un bon rapport qualité/prix/service

La recherche d’une voiture peut s’avérer être un casse-tête si vous avez un budget limité car il ne faut pas négliger la qualitéde la voiture et du service rendu par l’agence de location. Voici donc mes conseils :

1. Eviter les loueurs nationaux : le plus sûr est de louer savoiture auprès d’une agence internationale comme Hertz, Avis ou encore Europcar. Cependant, les prix de location vont être plus élevés que chez les loueurs nationaux, mais en cas de pépin vous serez normalement sûr d’être bien pris en charge. Dans notre cas les prix étaient vraiment très excessifs, ce n’est pas l’option que nous avons choisie.

2. Renseignez-vous dans les guides de voyage et sur les forums : c’est ainsi que nous avons trouvé l’agence TouraCancun, recommandée par le guide du routard et avec de bons commentaires sur les différentes plateformes. Nous en avons eu pour 533 euros pour 12 jours.

TouraCancun : il s’agit d’une entreprise gérée par un français où vos interlocuteurs seront français. Par contre ce n’est pas une agence de location mais un intermédiaire qui travaille avec America Car Rental. TouraCancun propose un prix très attractif tout compris (km illimités, responsabilité civile, assurance vol, bris de glace, dommage au véhicule, conducteur additionnel et même une assistance « anti-corruption »). Attention, l’agence d’America Car Rental n’est pas à l’aéroport, mais une navette vous y emmènera depuis l’aéroport jusqu’à l’agence (10-15 min de voiture), TouraCancun explique ça très bien dans les mails qu’ils vous enverront. Nous n’avons pas eu d’attente à l’agence, contrairement à celles situées dans l’aéroport qui sont prises d’assaut. Tout s’est très bien passé avec la voiture et l’agence pendant cette location. Cependant, nous avons eu une égratignure sur la voiture, nous avons donc dû payer à America Car Rental et envoyer la facture par mail à TouraCancun qui nous a remboursé après un certain temps et quelques relances, mais rien de grave.

3. Prenez un bon niveau d’assurance : au Mexique comme ailleurs, on ne sait jamais ce qu’il peut vous arriver surtout quand vous ne connaissez pas les habitudes de conduite, l’état des routes ou encore la sécurité du lieu où vous garerez votre voiture. Une couverture complète vous permettra d’être serein.

4. Le choix de la voiture : tout dépend de ce que vous comptez faire avec, mais dans les régions du Yucatan et du Quintana Roo les routes sont pratiquement toutes en bon état et goudronnées. Nous nous sommes retrouvésune fois un chemin pour nous rendre à des cénotes perdus dans la forêt, le reste du temps les routes étaient en bon état. Une petite Golf manuelle (qu’ils appellent « Gol » au Mexique) était amplement suffisante.



Conduire au Mexique : ce qu’il faut savoir

La conduite au Mexique est un peu différente de celle que nous avons France (mais se rapproche de celle des Etats-Unis), la règlementation, les routes, les comportements et habitudes différent pas mal. Voici donc une liste de ce que vous devez savoir avant de conduire au Mexique et plus spécifiquement dans le Yucatan et le Quintana Roo :

1. Permis de conduire : Les permis de conduire européen sont tous acceptés au Mexique pour louer une voiture, ne vous embêtez pas à faire un permis international, sauf si ça vous rassure.

2. Les contrôles de police : nous avons effectivement passé quelques barrages de police, mais nous n’avons jamais été contrôlés. La réputation de la police mexicaine n’est pas très bonne, mais heureusement nous n’en avons pas fait l’expérience. Respectez bien la réglementation et tout devrez bien se passer. Un conseil, ne mettez pas tout votre argent dans votre portefeuille car si vous tombez sur un policier peu scrupuleux il pourrait vous demander tout votre argent en voyant la belle liasse dans votre portefeuille.

3. Les routes :

- il y a les autoroutes « autopista » (jaune sur Google Maps) qui sont payantes et relient les grandes destinations comme Cancun, Mérida et Playa Del Carmen. Elles sont en bon état, avec des voies larges allant de 2 à 4 voies et séparées des voies en sens inverse par un terre-plein. Par contre il n’y a ni aire de repos ni station-service sur ces routes et vous ne passez par aucun village, donc la route peut vite être longue et monotone.

- Il y a les routes nationales (également en jaune sur Google Maps), elles sont également en bon état mais plus étroites et composées de 1 à 2 voies et séparées des voies en sens inverse par des lignes jaunes. Ces routes permettent de relier les principaux points touristiques comme Tulum, Celestun ou encore Uxmal et Chichen Itza. Ces routes vous permettront de voir du paysage et de passer par des villes et villages et d’avoir quelques petites boutiques sur le bord de la route si besoin.

- Il y a ensuite beaucoup de routes secondaires (en blanc sur Google Maps) qui relient les petits villages comme Izamal. L’état de ces routes est beaucoup plus aléatoire, nous avons croisés beaucoup de nids de poules qui auraient pu nous causer un accident si nous n’avions pas roulé prudemment. Ces routes sont assez étroites et il peut être parfois difficile d’y croiser un autre véhicule surtout un bus. Prudence sur ces routes et n’y conduisez pas la nuit.

- Les pistes non goudronnées, il n’y en a pas beaucoup, mais si vous souhaitez sortir des sentiers battus vous y passerez sûrement. Nous en avons emprunté une vers Mérida en allant dans des Cénotes peu fréquentées. Roulez au pas pour éviter de crever.

4. La géographie du Yucatan : le Yucatan et le Quintana Roo sont des régions recouvertes de forêt et complètement plates avec des routes très droites qui passent au travers de ces forêts, il est donc très facile de conduire dans ces régions.

5. La limitation de vitesse : Sur les autoroutes et routes nationales et routes secondaires la vitesse limite est de 110km/h, sur les routes secondaires la limite est de 80km/h mais vu l’état de certaines routes vous ne pourrez pas rouler à plus de 60-70 km/h. En ville la limitation est de 40km/h.

D’une manière générale je vous conseille de mettre Waze qui vous indiquera les limitations, et de rester attentif à la signalisation car Waze n’a pas toujours raison.

6. Trafic : Nous n’avons été coincés dans des bouchons qu’une seule fois et c’était à cause d’une manifestation de camionneurs juste à l’entrée de l’aéroport de Cancun (nous avons d’ailleurs raté notre avion pour Mexico City en restant coincés 5h sur 15 km). A part cette mésaventure nous n’avons jamais eu de soucis avec le trafic, même à Mérida où nous prenions la voiture pour aller dans les alentours le trafic était dense mais jamais bouché (un conseil, évitez quand même les pics vers 7h/8h et 18h/19h). Quant aux autoroutes et routes, ellessont quasiment vides ce qui était plutôt agréable, sauf pour la route qui longe la Riviera Maya qui est assez chargée.

6. Le GPS : la signalisation sur les autoroutes et routes nationales est plutôt bien faite, mais le GPS devientindispensable quand vous entrez ou sortez de grandes villes comme Mérida (qui compte autant d’habitants que Marseille) ou Cancun ou que vous souhaitez rejoindre des petits villages, plages ou sites très peu touristiques.

Nous avons utilisé Waze la plupart du temps, avec le forfait de base de Free Mobile, car l’abonnement comprend 25Go/mois dans plusieurs pays dont leMexique ce qui a été amplement suffisant pour deux semaines. Mais Maps.me nous a bien dépanné lorsque nous n’avions plus de réseau. Si votre forfait ne comprend pas de données à l’étranger Maps.me fera très bien l’affaire, veillez juste à charger la carte de la région avant de ne plus avoir de réseau.

7. Les demi-tours : Comme aux Etats-Unis les Mexicains utilisent beaucoup les « retorno » sur les autoroutes car il y a très peu de sorties et elles ne permettent pas en général de passer de l’autre côté. Les « retorno » vous permette donc de faire demi-tour si vous vous êtes trompés ou bien si votre sortie est de l’autre côté. Par contre, je trouve ça assez dangereux car vous devez vous insérer sur la voie de gauche, voie sur laquelle les voitures vont le plus vite … Assurez-vous de bien avoir la voie libre avant de vous réinsérer.

8. Les péages : Il y en a quelques un dans le Yucatan et le Quintana Roo sur l’autoroute, ils ne sont pas nombreux mais ils sont assez chers (comptez 30 euros pour Mérida-Cancun). Au total nous avons passé 3 péages pour un total de 28 euros car nous avons alterné avec des petites routes. Faites attention car les péages n’acceptent pas la carte de crédit !! Nous nous sommes retrouvés sans liquide au péage CancunXPlaya Del Carmen en revenant d’Holobox (où il n’y a pas de distributeurs). Le gars qui y travaillait nous a dit que le distributeur le plus proche était à Cancun (à 1h de voiture !!!). Heureusement nous parlons espagnol et sommes tombés sur quelqu’un de très sympa qui nous a donné suffisamment de liquide et a qui nous avons directement fait un Paypal (avec un petit pourboire pour le remercier !). Donc ayez toujours suffisamment de liquide sur vous !

9. Doubler et se faire doubler : Sur les routes Mexicaines il y a vraiment tous les types de véhicules, des gros pickups, des motos, des bus, des camions et même des mobylettes et des sortes de tuktuk. Vous serez donc amenés à être doublés et à doubler, il faut donc savoir que les véhicules lents roulent en partie sur le bande d’arrêt d’urgence (qui est assez large) pour laisser suffisamment d’espace pour se faire doubler, il n’est donc pas rare de vous retrouver à trois sur une route qui n’a que deux voies. Les Mexicains mettent également leur clignotant gauche pour vous signaler qu’aucune voituren’arrive en contre sens et que vous pouvez les doubler.

10. Conduire de nuit : Il est déconseillé de conduire de nuit au Mexique pour plusieurs raisons. Les routes sont très rarement éclairées et il n’est pas rare de croiser des voitures avec un seul feu ou au contraire des camions tellement illuminés qu’ils vous éblouissent. Dans les régions sauvages comme le Yucatan, la traversée d’animaux peut être fréquente surtout quand la nuit tombe. Enfin, sur des petites routes peu passantes vous pourrez être amenés à croiser le chemin de personnes malveillantes. Nous avons dû conduire de nuit une seule fois en arrivant à Mérida depuis Valladolid, mais ce n’était pas gênant car à la nuit tombée nous étions proche de Mérida et la route était fréquentée et éclairée.



11. A la station essence : Vous ne vous servez jamais à la station essence, c’est un homme (ou un femme) qi vous sert, mais avant tout veillez bien à ce que le compteur soit remis à zéro (c’est une arnaque fréquente). Veillez à donner un pourboire « propina » entre 10 et 20 pesos (0.5 à 1 euros) en fonction du service rendu (gonflage des peux, nettoyage des vitres, etc.). Nous sommes toujours tombés sur des personnes très serviables !

Le prix à la pompe était de 23.4 pesos (1.13 euros) en moyenne, ce qui était déjà élevé à cause de la crise économique. Nous avons parcouru 1750 km et consommé deux pleins et demi pour un total de 150 euros environ.

12. Les topes (dos d’âne) : le Mexique en est fan, il y en a partout ! mais les topes n’ont rien à voir avec nos dos d’âne larges, ce sont de petits monticules assez fin et parfois presque pointus vraiment très désagréables et sur lesquels je vous conseille de passer vraiment très lentement. Et ouvrez l’œil, car parfois ils ne sont ni ne peints, ni indiqués par des panneaux. Un conseil, quand vous approchez d’une agglomération soyez prêt à freiner car il y aura forcément un ou plusieurs topes. Mais il peut aussi y en avoir en plein milieu d’une route sans savoir pourquoi.

13. Se garer : C’est assez facile de se garer dans le Yucatan, même dans les grandes villes comme Mérida, il y a très souvent de la place dans la rue. En revanche, dans les centres villes il est toujours très difficile de se garer alors optez pour les parkings privés il y en a toujours. Concernant la signalisation, retenez qu’une ligne jaune sur le trottoir signifie qu’il est interdit de stationner. Niveau sécurité, le Yucatan et le Quintana Roo sont des régions assez sûres, il n’est pas nécessaire de trouver un logement avec parking, vous pourrez garer votre voiture dans la rue la nuit (mais veillez à ne rien laisser dedans), et si vous avez un doute demandez à votre hôtel ou au Airbnb.

Stationnement gênant : heureusement nous n’en avons pas fait l’expérience, mais des amies et des français que nous avons rencontrés sur place oui. Dans le cas d’un stationnement gênant la police vous retire la plaque d’immatriculation et c’est tout ! Ils ne laissent aucun papier donc il faut avoir l’œil. Si ça vous arrive rendez-vous dans le poste de police le plus proche dès que vous remarquez que vous n’avez plus de plaque, vous devrez payer une amande (qui doit varier à la tête du client).

14. Les intersections : Au Mexique il n’y a pas de priorité à droite et les rues sont le plus souvent en sens unique. Lors d’une intersection il y en aura forcément un qui aura un STOP et l’autre non, donc faites attention aux panneaux pour savoir si vous devez passer ou non.

15. Les feux tricolores : Comme aux Etats-Unis les feux sont situés de l’autre côté de l’intersection, mais vous devez bien vous arrêter avant l’intersection. Ça à l’air perturbant dit comme ça mais en pratique c’est très logique.


Mon avis : Nous n'avons donc pratiquement pas eu de mauvaise expérience en voiture au Mexique, mis à part la manifestation à l'entrée de l'aéroport de Cancun qui nous a fait rater notre avion. Sinon tout s'est très bien passé, nous avons eu quelques frayeurs en conduisant sur des petites routes en mauvais état ou aux abords de Mérida mais rien de grave. Donc si vous souhaitez louer une voiture n'hésitez plus !